Mireille Albrecht le 14 novembre 2012

Mireille Albrecht le 14 novembre 2012

Messagepar Jean-Claude Carton » Lun 12 Nov 2012 06:49

Mireille Albrecht est mon invitée le mercredi 14 novembre 2012 en direct de 17h à 19h 30 sur
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Le 20 mars 2007, je recevais Mireille Albrecht pendant 2h 30; suite à cette rencontre, nous avons eu l'occasion de nous revoir 2 fois en juin et juillet 2007. J'ai passé des heures inoubliables à écouter cette "vieille dame " de 83 ans.
Elle est morte en septembre 2007, emportée par un cancer foudroyant

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Mireille Albrecht

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Les oubliés de l'ombre sont ces héros qui ont rejeté la collaboration de la France avec l'Allemagne nazie et ont choisi d'entrer en résistance. C'est surtout d'eux dont Mireille Albrecht, résistante et fille de résistante - Berty Albrecht, sa mère, fut la cofondatrice du mouvement Combat - a eu envie de parler : les petits, les obscurs, les sans-grades, grâce à qui le travail a pu être accompli comme dans n'importe quelle armée. Elle revient sur cette période peu glorieuse de l'histoire de France et du gouvernement de Vichy, vitrine de l'idéologie nazie : le commissariat aux Affaires juives, par exemple, créé dès novembre 1940. Elle décrit avec précision la création et l'organisation très complexe d'un mouvement résistant, et les risques omniprésents. Enfin, elle évoque la vie de sa mère, arrêtée et assassinée par la Gestapo en 1943. A travers un récit personnel intense, Mireille Albrecht retrace sans complaisance les années les plus sombres et les plus énigmatiques de notre histoire.


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Berty Albrecht

Après la guerre, Mireille retourne à Paris. C’est la folle époque de Saint Germain des Près. Elle vit en bande, fait de la radio, traîne dans les clubs de jazz, rencontre Boris Vian. Léo Ferré tombe fou amoureux d’elle, mais il ne lui plait pas. Elle tombe amoureuse d’un homme qui meurt pendant le tremblement de terre d’Agadir. Elle finit par épouser un camarade, mais le mariage ne tient pas, et elle part rejoindre son père en Afrique du Sud. Sur le bateau, elle rencontre Charles Hills, un grand, beau et distingué anglais, qui vient de divorcer et qui part tenter sa chance en Afrique du Sud. Charles était ingénieur dans la Royal Air Force, mais il démissionne après la guerre. Elle tombe sous le charme... Elle tombe également enceinte, et son père n’étant pas d’accord pour qu’elle fasse sa vie avec Charles, le jeune couple décide de rentrer en France. Ils s’installent à Paris, et n’ont pas un sou. Les amis de Mireille se cotisent pour qu’elle puisse accoucher à la clinique du Belvédère à Boulogne Billancourt. Où elle accouche sous X, n’étant pas encore divorcée de son premier mari. Elle épouse Charles un an après la naissance de leur fille, Chilina. Mireille et Charles décident de s’installer dans le Midi, vivre dans la villa appartenant toujours au père Albrecht. Charles fait de l’immobilier, Mireille s’occupe de sa fille et fait chambre d’hôtes en été. Une jeune femme, Fanette, est engagée pour s’occuper de Chilina. Fanette devient un membre de la famille, et désormais participe à toutes les activités professionnelles du couple. Charles et Mireille tiennent un Pub anglais à Sainte Maxime, font un restaurant de curry indien (Pub et curry sont à l’époque inconnus en France). Ils montent également un restaurant « Fish and Chips » anglais à Saint Tropez que Brigitte Bardot a fréquenté. Mireille monte un magasin d’artisanat qui fait connaître et encourage les jeunes artistes et artisans provençaux. Plus tard, ils partent s’installer à Aix en Provence où ils montent une galerie d’art (la galerie Fontenaille). Cependant, le caractère particulier de Charles rend la vie de Mireille au quotidien très difficile.Lorsque sa fille part à Londres à l’âge de 19 ans, elle décide de divorcer et monte s’installer à Paris.
Une nouvelle vie démarre pour Mireille à l’âge de 47 ans. Elle monte une boutique d’antiquités d’extrême orient rue Bonaparte. Sa boutique devient le lieu de rendez-vous du Paris marginal et original : artistes, homosexuels, réfugiés, et femmes seules ! Elle noue une relation privilégiée avec sa fille qui s’installe à Paris et découvre sa mère sous un angle qu’elle n’avait jamais vu : une femme forte, drôle, originale, généreuse, dynamique, et saisissante de personnalité. Elle écrit deux livres à la mémoire de sa mère, « Berty » et « Vivre au lieu d’Exister ». Son dernier livre, « les oubliés de l‘ombre » retrace les actions risquées de résistants dont les noms ne seront jamais connus. C’est aussi l’époque où Mireille se prend de passion pour l’Inde, qu’elle visite une première fois lors d’un voyage officiel du président Mitterrand.
Ce pays fut une véritable révélation. On la prenait d’ailleurs là bas pour une indienne du Nord. Elle fut invitée personnellement par Indira Ghandi à prendre le thé avec elle en tête à tête,.... et le perroquet d’Indira Ghandi. Près de Pondicherry, elle découvre Auroville, cette ville bâtie par des pionniers dans un désert aride suite à la vision de Sri Aurobindo et de sa femme française, surnommée Mère, d’un laboratoire vivant de l’unité humaine . Elle trouve enfin la philosophie spirituelle qui lui convient.
De retour en France, elle est nommée au Conseil Economique et Social où elle tente de promouvoir les relations franco-indiennes qui lui semblent être l’avenir. Mais hélas, sa vision est trop précoce, malgré sa connaissance de Monsieur Tata, le plus grand businessman indien, qui l’appréciait. Même si elle continue à aller régulièrement en Inde, Mireille vit les 25 dernières années de sa vie dans un petit studio rue du Faubourg Saint Antoine, entourée d’amis fidèles, fumant d’horrible petits cigares dont elle tentait de couvrir l’odeur en faisant bruler de l’encens. Mireille fut décorée Chevalier, puis Officier de la légion d’honneur à titre militaire pour ses actes de résistance auprès de sa mère. Mireille était nulle en affaires et avec l’argent. Elle perdait facilement le peu qu’elle avait. Elle s’en fichait. Du moment qu’elle avait un toit, de quoi manger et de quoi boire son whisky du soir, elle était satisfaite.
Sa Tombe.
Un ami artiste, Antony Russell, lui a fait une chaise en déséquilibre avec l’assise aux symboles d’Auroville. Le tout rappelle la vie de Mireille toujours en équilibre précaire, mais avec une forte assise spirituelle et une structure solide.


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La tombe de Mireille Albrecht au Père Lachaise
"Ne change pas ta nature si quelqu'un te fait mal, prend juste des précautions.
Préoccupes-toi plus de ta conscience que de ta réputation.

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